Cyril Scott (1879-1970)
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Parmi les compositeurs britanniques les plus prolifiques de sa génération – son catalogue compte plus de quatre cents œuvres – Cyril Scott (1879–1970) doit une part importante de sa notoriété et de sa postérité à sa production littéraire, tout aussi vaste que son œuvre musicale et d’une remarquable variété. Cette production, qui s’étend sur plus d’un demi-siècle, reflète la multiplicité des centres d’intérêt de l’auteur, à la fois pianiste et critique musical, occultiste et théosophe, poète et (auto)biographe, passionné de médecine alternative et d’homéopathie. Le catalogue des écrits de Scott compte quarante-et-un ouvrages, largement réédités et traduits en plus de quinze langues, ainsi que près d’une centaine d’articles publiés dans des revues musicales (The Monthly Musical Record, Musical Herald, Musical America, The Musical Quarterly, The Etude, The Musical Standard, The Grainger Journal, Musikblätter des Anbruch, The Musician, The Chesterian, Melos, The Sackbut, The British Musician and Musical News, The Musical Courier, Music and Letters, Musical Opinion, Music Teacher and Piano Student, Performing Right, Neue Zeitschrift für Musik, The London College of Music Magazine), occultistes (The Occult Review), politiques (The New Statesman) et dans la presse généraliste (The Boston Evening Transcript, The London Times, The Windsor Magazine).
Son activité pour la presse débute en 1913 avec l’article “The Harmonization of Old Melodies”, publié en juin dans The Monthly Musical Record. Ce texte, ainsi que les transcriptions d’un cycle de quatre conférences données la même année au sein de la Fabian Society (club politique de centre-gauche créé à Londre en 1884), ainsi qu’à une sélection d’articles d’esthétique et d’occultisme musical parus dans diverses revues jusqu’en 1917, sera intégré dans sa première monographie musicale : The Philosophy of Modernism: Its Connection with Music (Londres, The Waverly Music Lovers’ Library, 1917). Dans cet ouvrage, Scott affirme la supériorité de l’esthétique romantique sur celles du classicisme et du futurisme, tout en proposant une série de pistes à l’attention des jeunes compositeurs n’ayant pas encore atteint la pleine maturité stylistique. Au cours des années suivantes, sa production destinée à la presse est constituée en grande partie d’articles de critique musicale, de nécrologies et de lettres ouvertes. Parmi ceux-ci figurent plusieurs textes consacrés au « Groupe de Francfort » – auquel Scott appartenait – constitué de jeunes compositeurs britanniques nés dans les années 1870 (outre Scott, Roger Quilter, Balfour Gardiner et Norman O’Neill), ainsi que du jeune compositeur australien Percy Grainger, qui s’étaient retrouvés étudiants sous la direction de Iwan Knorr au Conservatoire de Francfort-sur-le-Main à la fin du siècle : “Iwan Knorr, 1853–1916” (The Monthly Musical Record, septembre 1916), “Percy Grainger: The Music and the Man” (The Musical Quarterly, juillet 1916), “The Late Balfour Gardiner and Our Student Days” (Music Teacher and Piano Student, septembre 1950), “Percy Grainger: The Man and the Musician” (The Musical Times, juillet 1957) et “Die ‘Frankfurter Gruppe’: Erinnerungen von Cyril Scott” (Neue Zeitschrift für Musik, février 1958).
Scott a publié quatre volumes monographiques consacrés à la musique : outre The Philosophy of Modernism: Its Connection with Music déjà mentionné, cette liste comprend Percy Grainger – A Course in Contemporary Musical Biography (New York, G. Schirmer, 1919), ainsi que The Influence of Music in History and Morals: A Vindication of Plato (Londres, The Theosophical Publishing House, 1928), qui rassemble une série d’articles parus dans The Sackbut et The Etude entre 1924 et 1925. Ce dernier ouvrage se compose de trois sections : la première est consacrée à l’analyse de la vie et des œuvres de quelques grands compositeurs du passé, de Haendel à Strauss ; la deuxième aux pouvoirs occultes de la musique sur l’homme et sur l’évolution du genre humain ; la troisième à un excursus historique sur le rôle de la musique dans diverses civilisations, de l’Égypte antique à l’époque victorienne. Ce texte sera par la suite revisité et enrichi dans Music: Its Secret Influence throughout the Ages (Londres, Rider & Co., 1933), l’ouvrage musical de Scott ayant connu la plus large diffusion, notamment grâce à ses nombreuses rééditions et traductions (en français, allemand, italien, espagnol, russe et suédois).
Ces deux derniers ouvrages témoignent plus particulièrement de la porosité entre la littérature à sujet musical et celle d’inspiration théosophique ou occultiste dans la production du compositeur – il suffit de remarquer que la publication du premier des deux volumes est confiée à un éditeur théosophique. Neuf autres volumes sont spécifiquement consacrés à des sujets occultistes ou théosophiques. Parmi ceux-ci, la trilogie de l’Initié (The Initiate: Some Impressions of a Great Soul, Londres, Routledge & Kegan Paul, 1920 ; The Initiate in the New World: A Sequel to “The Initiate”, Londres, Routledge & Kegan Paul, New York, E. P. Dutton, 1927 ; The Initiate in the Dark Cycle: A Sequel to “The Initiate” and to “The Initiate in the New World”, Londres, Routledge & Kegan Paul, 1932) occupe sans aucun doute une place de premier plan, ne serait-ce qu’en raison du succès littéraire immédiat qui fit de l’œuvre un best-seller de la littérature occultiste. Les trois volumes, publiés de manière anonyme, tournent autour de la figure – impossible à déterminer comme historique ou fictive – de l’initié Justin Moreward Haig et contiennent de nombreuses références à des organisations occultes ainsi qu’à certaines figures du monde théosophique de l’époque, telles qu’Helena Blavatsky et Jiddu Krishnamurti. Contemporains de la trilogie de l’Initié, les volumes The Adept of Galilee: A Story and an Argument (Londres, G. Routledge & Sons, New York, E. P. Dutton, 1920), The Vision of the Nazarene (Londres, G. Routledge & Sons, 1933), An Outline of Modern Occultism (Londres, G. Routledge, New York, E. P. Dutton, 1935) et The Greater Awareness: A Sequel to An Outline of Modern Occultism (Londres, G. Routledge & Sons, New York, E. P. Dutton, 1937) sont suivis, dans l’après-guerre, par le journal ésotérique The Boy Who Saw True (Londres, Peter Neville, 1953), publié de façon anonyme (Scott n’en signe que la préface, la postface et les notes), et par le texte de la conférence Occultism: An Alternative to Scientific Humanism (Londres, L. N. Fowler, [1956]).
Les années autour de la Seconde Guerre mondiale sont marquées par une intense production d’ouvrages consacrés à la médecine alternative et à l’homéopathie : Doctors, Disease, and Health: A Critical Survey of Therapeutics, Modern and Ancient (Londres, Methuen & Co., Cleveland, Sherwood, 1938), Victory over Cancer without Radium or Surgery: A Book Dealing with Cancer Causation, Cancer Prevention, and Cancer Cures for Laymen and Doctors (Londres, Methuen & Co., 1939), Health, Diet and Commonsense (Londres, Andrew Dakers, 1940), Medicine, Rational and Irrational (Londres, True Health Publishing, [1946]), Crude Black Molasses: The Natural “Wonder-Food” (Londres, True Health Publishing, [1947]), Cider Vinegar: Nature’s Great Health Promoter and Safest Treatment of Obesity (Londres, Athene Publishing, 1948), auxquels s’ajoutent, plus tard, Simpler and Safer Remedies for Grievous Ills (Londres, Athene Publishing, [1953]), Sleeplessness: Its Prevention and Cure by Harmless Methods (Londres, Athene Publishing, [1955]), Constipation and Commonsense (Londres, Athene Publishing, [1956]) et Cancer Prevention: Fallacies and Some Reassuring Facts (Londres, Athene Publishing, 1968).
Sept volumes sont consacrés par Scott à la poésie, parmi lesquels figurent les recueils originaux The Shadows of Silence and the Songs of Yesterday (D. Fraser, Liverpool, [1910]), The Grave of Eros and The Book of Mournful Melodies, with Dreams from the East (Lyceum Press, Liverpool, 1907), The Voice of the Ancient (J. M. Watkins, Londres, 1910), The Vales of Unity (D. Nutt, Londres, 1912), The Celestial Aftermath: A Springtide of the Heart and Far-Away Songs (Chatto & Windus, Londres, 1915), ainsi que les traductions, de Baudelaire et George, The Flowers of Evils (Elkin Mathews, Londres, 1909) et Stefan George: Selections from his Works (Elkin Mathews, Londres, 1910). À la vie et à l’œuvre de George est également dédié l’essai, rédigé en anglais mais publié directement en traduction allemande, Die Tragödie Stefan Georges: Ein Erinnerungsbild und ein Gang durch sein Werk (Eltville am Rhein, Lothar Hempe, 1952).
À sa propre vie et à son œuvre, Scott consacre deux livres : l’autobiographie de jeunesse My Years of Indiscretion (Londres, Mills & Boon, 1924), qui reprend ses années d’études en Allemagne et les activités du « Groupe de Francfort », et l’ouvrage plus mûr, quoique non exempt d’imprécisions et de lacunes concernant sa vie privée, Bone of Contention: Life Story and Confessions (Londres, The Aquarian Press, 1969).
Tommaso VIGNA
31/07/2025
Pour aller plus loin
Jean Overton Fuller, “Cyril Scott And A Hidden School : Towards The Peeling Of An Onion”, Theosophical History Occasional Papers, vol. VII, Fullerton, Theosophical History, 1998.
Laurie J. Sampsel, Cyril Scott : A Bio-Bibliography, Westport, Greenwood Press, 2000.
Peter Atkinson, Lewis Foreman et Leslie De’Ath (éds.), The Cyril Scott Companion : Unity in Diversity, The Boydell Press, Suffolk, 2018.

| prénom | Cyril |
|---|---|
| nom | Scott |
| année de naissance | 1879 |
| année de décès | 1970 |
| identique à | https://data.bnf.fr/13899596/cyril_scott/ |